Urbaxol part d'une idée simple : une ville n'est pas une addition de bâtiments, c'est un assemblage de tissus. Un lotissement de pavillons des années 1960, une cité de barres, un centre ancien aux maisons mitoyennes, une zone d'activités : chacun a sa forme, son époque, ses besoins. Urbaxol reconnaît ces tissus automatiquement, à partir des seules données publiques, puis s'en sert pour répondre à une question concrète : où rénover en priorité, et comment ?

Voir Brétigny-sur-Orge sur la carte · Voir Marolles-en-Hurepoix
La carte s'ouvre sur les tissus ; la priorité de rénovation et le potentiel solaire se cochent dans la liste des couches. Un clic sur un bâtiment affiche sa fiche.

Des tissus urbains reconnus par la forme


Pour chaque bâtiment de la BD TOPO de l'IGN, Urbaxol calcule une vingtaine d'indicateurs de forme : emprise, hauteur, nombre de niveaux, allongement, part de mur mitoyen, logements, mais aussi la place qu'il occupe dans son îlot et ce qui l'entoure (hauteur et densité du voisinage, distance aux voisins, alignement sur la rue). Les îlots sont découpés par les routes et les voies ferrées, puis partagés en cellules, une par bâtiment.

Les bâtiments sont ensuite regroupés sans modèle préétabli : pas de typologie universelle plaquée sur la commune, ce sont les formes présentes sur place qui font les groupes. Le classement se lit à trois niveaux, du plus général au plus fin. Chaque groupe reçoit un nom construit sur une grammaire fixe — type de logement, groupement, hauteur, époque, densité —, par exemple « Maisons isolées R+1, 1948-1974, aéré » ou « Collectifs isolés R+2 à R+3, 1948-1974, aéré ». Ces noms ont été vérifiés à l'œil, sur la photo aérienne, à partir des bâtiments les plus typiques de chaque groupe.



Où rénover en priorité


Le premier usage de ces tissus est la rénovation énergétique des logements. Chaque bâtiment résidentiel reçoit :
  • Un segment : maison, maison mitoyenne, collectif ou copropriété, croisé avec l'époque thermique (avant 1948, 1948-1974, 1975-2000, après 2000), dans la logique des typologies européennes TABULA.
  • Une priorité de 0 à 100 : mesurée quand un diagnostic de performance énergétique existe (classe du DPE, murs ou toiture non isolés, chauffage au fioul ou à effet Joule), estimée d'après l'époque sinon. La carte indique toujours d'où vient le score.
  • Un levier : rénovation d'ampleur accompagnée pour une maison, isolation par l'extérieur pour un collectif, matériaux compatibles avec le bâti ancien (enduits à la chaux, isolants en fibres) pour les murs en pierre, meulière ou brique d'avant 1948, avis de l'architecte des Bâtiments de France à prévoir près d'un monument historique.
  • Une opération groupée possible quand, dans un même îlot, au moins cinq bâtiments prioritaires du même segment se suivent : une rue de maisons jumelées de la même époque se rénove mieux ensemble, avec les mêmes solutions et un seul chantier.

À Brétigny-sur-Orge, sur 4 509 bâtiments d'habitation, 1 285 ressortent comme prioritaires ou très prioritaires, et 1 133 pourraient entrer dans une opération groupée. Un score sur trois s'appuie sur un DPE réel.



Le soleil sur les toits


Urbaxol reprend aussi les calculs de Solaryo : chaque toit est reconstruit en 3D à partir du LiDAR HD de l'IGN, pan par pan, et le soleil qu'il reçoit dans l'année est calculé avec les ombres des voisins et des arbres. La carte classe les toitures, des grandes toitures de plus de 30 MWh par an aux maisons bien orientées, et donne pour chacune la puissance possible, la production et la perte due aux ombres.

Les deux analyses se rejoignent : refaire ou isoler une toiture est le bon moment pour poser des panneaux. Quand un logement prioritaire porte au moins 3 kWc sur ses pans favorables, le levier proposé le dit.



Les données


Tout vient de données publiques : la BD TOPO de l'IGN pour les bâtiments, les routes et les voies ferrées, la Base de données nationale des bâtiments (BDNB) du CSTB pour l'année de construction, les matériaux, les DPE, le chauffage, la proximité des monuments historiques, le LiDAR HD de l'IGN et la météo type de PVGIS pour le solaire. Deux communes de l'Essonne sont traitées pour l'instant, Brétigny-sur-Orge et Marolles-en-Hurepoix ; une commune se calcule en quelques heures.

Les résultats restent des indications : un DPE peut être ancien, une année de construction approximative, et rien ne remplace la visite d'un bâtiment. Mais à l'échelle d'une commune, ils montrent où commencer.

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