1er mai deux mille dix huit place de la Bastille le génie de la liberté est encore en travaux. Sur son coté Nord des musiciens jouent sous une pancarte Bal Zadiste. Il est treize heure trente à Paris. Le monde entier regarde ce que le peuple français va faire de sa révolte éternelle contre les opprimeurs et la force de l'argent. Ca fourmille un peu de partout dans tous les sens quand tu as les sonos de Sud qui crache de la musique rock révolutionnaire et que la CGT au loin gonfle ses gros ballons. Au delà du cercle on n'entend pas vraiment le bal zadiste tant chaque groupe envoie sa propre musique. LA CNT passe le poing au ciel.


Au bout de l'arsenal la jeunesse s'organise. Rendre coup pour coup. Sous les arbres elle farfouille dans son sac pour en sortir son équipement contre l'oppression. Masque à gaz ou foulard, veste noire, casque, et chaussure de course. Une jeunesse déter se réunie dans une vague noire de colère. Ils sont tous silencieux, tendu, concentré, patient. Une fille distribue des tous petits tracts, blancs avec quelques mots dessus: des noms d'avocats sûrs en cas de gardes à vues. Ici il se passe quelque chose quand tout autour se déroule la farce habituelle de la manifestation à la papa depuis cinquante ans.
Le point fixe Luttes ouvrières joue du micro pour rappeler l'ordre du jour. Journée internationale de solidarité des tra va illeurs. Une fourgonette de flic entre dans la foule. Des vieux anars l'encerclent. Vous avez rien à foutre ici. Cassez-vous les poulets. La foule lance des huées agressives. Un type essaye de jouer le médiateur. Quand un jeune encapuché enserre et casse le rétroviseur droit. Les bleus arrivent finalement à parti & Sol continue sa vadrouille. C'est de la provoc putain.


Plus loin au début du pont le mouvement des sans-papiers joue en musique sa colère. Instruments du monde et joie de vivre. On entend déjà plus Luttes ouvrières et tout le cirque derrière de la cgt mais. Il y a devant tout ça sur le pont d'Austerlitz une masse noire silencieuse. Peut-etre trois mille personnes sont là. Tout en noir ne laissant voir au monde que leurs yeux sombres comme la plus déterminée des révoltes. Un homme discute avec un jeune cagoulé. Que faites-vous c'est la guerre. La guerre c'est l'etat capitaliste qui lz fait chaque jour aux pauvres gens. Ecoutez monsieur la manif à la cgt ça va. Ca fait trente ans qu'ils lèvent le poing et rien n'a encore changé. Nous on va leur montrer qu'on se laisse pas faire. Qu'on est une jeunesse ingouvernable. Bien sûr ca va pleurer pour deux poubelles et une voiture brulée. Les flics vont débarquer comme des mouches à merde sur la première vitre brisée. Quand ça vaut de l'argent là ils sont là. Quand c'est vivant il y a plus personne. Très bien jeune homme après tout mai deux mille dix huit ça sera peut-être vous.


Il est quinze heure. La manif est toujours au point de départ. La vague noire commence à faire du bruit & fait peter des fumis bleu blanc rouge au dessus du pont. Nous pouvons enfin avancer. Sur la rive gauche les crs nous attendent au loin sur notre droite. Le parcours fonce à gauche direction place d'italie. Mais le bloc veut montrer ses dents. Un tag sors de la meute et mord le maitre. A l'avant du bloc ils ont une seule et unique banderole. Marx attack risque de trouble à l'ordre public. A bas la hess. le black bloc colore nos vies. Premier de cordée premier guillotiné. Ici les photographes ne sont pas les bienvenues. Le message est pour les flics et l'ordre du monde. La vague avance des pavés dans les mains de certain. A l'avant un gars à une sono et balance du punk revolutionnaire. D'autres font péter des feux d'artifices dans le ciel. La colère est festive aujourd'hui. On va leur en faire voir de toutes les couleurs. Anti anti capitaliste. Et la rue elle est à qui. Elle est à nous. Destruction d'une affiche publicitaire libération des cerveaux. Sol trouve dans la foule un pote à lui. Hey Nico je savais bien que je te verrai aujourd'hui. Hey mais regarde le mc do. Ouh il va prendre cher. Les bleus sont au loin dans la rue buffon & assiste impuissant à l'assaut. Les vitres sont pulvérisés on entre dedans on casse tout. Il y a un départ de feu que seules les raisons de la colère comprendront. Au dernier étage de l'immeuble une famille s'agite un peu aux fenetres. Nico dit à Sol que bon le feu c'est pas très malin. On essaye un peu de l'eteindre mais c'est plus simple de laisser place aux pompiers. Devant ça commence à cogner les flics sont grave véneires. Un camion de chantier brule près de la gare. Toujours des feux d'artifices. La manif n'avance plus elle commence même à reculer. Premier tir de lacrymo. Nico & Sol se perde dans la foule dispersée.


Le bloc fait toujours front mais les moins déters ou équipés reculent vers le mc do. La foule devient vraiment compacte et l'angoisse monte. Derrière un kiosque guéri de sa maladie publicitaire il y a une sono techno hardcore. Un petit bisou made in tekos pour donner de la percussion à la lutte. On recule vraiment sévère. La foule comprimée s'entasse d'un coté contre les grilles du jardin des plantes. Ça escalade les pics dangereux et ça crie. Tous au pont on recule les gaz commencent à asphixier certain allez allez. Et la rue elle est à qui elle est à nous. Le noeud fini par se dénouer et Sol retrouve le pont et sur le pont le putain de servce d'ordre collabo de la cgt. Les gros bas laissent passer au compte goutte. Ces traitres abandonnent la jeunesse à la violence policière dans cette fichue nasse d'austerlitz. Ils sont deux ans à etre fait prisonnier.


Pourtant un bon millier a reussi à passer rive droite alors qu'au loin on observe les affrontements rive gauche. De la fumée des cris et des jeunes qui courent sur les quais. Un cordon de crs est huée rive droite. Le millier de la vague noire érige une barricade sur le boulevard de la bastille. Avec des grilles et du matos de chantier. Quelque chose brule au milieu. Derrière le son rechno est toujours là. Des vieux sourient et dancent un peu avec cette jeunesse revoltée si étrange. Sol danse aussi en ne lachant pas des yeux les agissements des bleus. Attention ils arrivent par derrière. Lacrymo à gogo quand la vague bondie contre l'agression. Sol s'éloigne un peu et perd le fil. Le bloc coure vraiment très vite et se bat vaillament puis disparait. Le rendez-vous est donné à dix heure au quartier latin place de la contrescarpe pour une soirée des barricades.


Sol saute du métro à Place Monge. Dehors il y a une brocante mais aussi une clameur. Une joyeuse troupe de jeune déborde du quartier latin. Ils sont bien trois cent étudiants et black bloc. Et la rue elle est à qui. Ils cavalent sur la route bloquant la circulation. Sol attrape la horde sauvage au vol et demande. Vous allez vers où comme ça. Je sais pas mais on va foutre le zbeul. On descend la rue monge dans un élan joyeux de rires de slogans et de paroles. Une dame demande c'est une manif pour quoi. Pour un monde meilleure madame. Et la troupe s'arrete à censier où on se demande. Bon on va où là. Tous à Paris trois. Ca ne prend pas. Ne restons pas là ils vont arriver et nous nasser. On décide de retourner dans la rue mouffetard. Soudain plus haut sur la droite un escadron de flic surgit. On sent leur colère absurde face à une bande de gamin taquin. La jeunesse s'envole vers le bas mouffetard. Avec une trentaine de bleus moches au cul. Sol perd le fil et laisse passer la flicaille.